La Corée du Sud, en période de possible réconciliation avec la Corée du Nord
La Corée du Sud, en période de possible réconciliation avec la Corée du Nord

La Corée du Sud, en période de possible réconciliation avec la Corée du Nord

  • Juillet 2018

Séoul – Gwangjang Market

Habituée à la propreté des rues japonaises depuis un mois, l’état des rues de Séoul me choque, pourtant dans le même état que les rues françaises. Je comprends après quelques temps que les habitants laissent les poubelles dans les rues jusqu’au passage du camion. Mais rien que de revoir des mégots sur le sol après un mois, ça me fait bizarre.

Tout comme le Japon vous trouverez très peu de poubelles dans la rue. Cette mesure est en place pour éviter que les habitants, payants leur poubelle au poids, ne vident leurs déchets dans les poubelles publiques.

Je commence par Séoul, où j’enchaîne deux auberges différentes (la seconde a des cafards, charmante surprise) avant d’être hébergée par Sarah, une amie, jusqu’à la fin de mon séjour une semaine et demi plus tard.

La Corée du Sud est très safe, tout comme le Japon. Se balader toute seule dans une rue le soir n’est pas du tout angoissant. C’est davantage vivant, il y a de l’ambiance dans la rue, des petits stands de nourriture régulièrement…

Conseil n°1: retirez le plus possible d’un coup car tous les distributeurs de Corée prennent une commission, quelle que soit votre banque. Entre 2 et 3€ par retrait. Et personnellement je n’ai jamais réussi à retirer dans les 7 eleven, contrairement au Japon.

Conseil n°2: ayez toujours sur vous une carte d’identité ou tout autre document prouvant votre âge : moitié prix pour les moins de 26 ans dans la plupart des lieux touristiques.

Conseil n°3 (je ne m’arrête plus c’est la folie !) : achetez une carte de transport dans une supérette et rechargez là, tout comme au Japon elle fonctionne pour le bus et le métro dans tout le pays (même sur l’île de Jeju), ça vous fera gagner un temps fou.

Passage touristique au Changdeokgung Palace, gigantesque et très beau. Le Dongdaemun plaza vaut le coup d’œil, au moins de l’extérieur, je n’ai pas trouvé grand intérêt à l’intérieur. C’est un immense bâtiment design en courbes, et apparemment il est illuminé de plein de couleurs le soir (mais je n’ai pas eu l’occasion d’aller vérifier).

Je fais un tour aux marchés Pyeonghwa et Gwangjang ; si vous avez du mal avec la foule ça peut être compliqué. En tout cas on y mange très bien, sur des bancs dans les allées principales, servies par des mamies qui cuisinent devant vous. Personnellement je n’ai pas trop aimé les différentes spécialités culinaires coréennes, surtout après le Japon. Le bibimbap est plutôt pas mal mais une fois m’a suffi. Par contre quand vous mangez au restaurant ils servent toujours plein de petits à côtés (kimchee, légumes, crabes…) en complément de votre plat principal, c’est top ! J’ai cependant beaucoup aimé les espèces de pancakes fourrés aux légumes, ou au sirop d’érable et graines de tournesol (aucune idée du nom, mais vous pouvez les trouver dans les marchés). Un régal ! Le porc noir de Jeju est à goûter au moins une fois, c’est délicieux. Autant vous dire que j’ai passé les trois quarts de mon voyage à me nourrir de nouilles à 40 centimes et d’onigiri achetés en supérette. 100% économies.


Séoul – quartier Insadong

Passage dans la rue Insadong qui regroupe beaucoup de boutiques de créateurs, agrémentées d’attrapes rêves et de fleurs (donc j’ai adoré !). Plus loin vous avez l’ensemble de temples Gyeongbokgung + musée, assez fréquenté mais vous verrez de nombreuses personnes en tenue traditionnelle coréenne, c’est sympa.

Se balader le long de la rivière dans Séoul est agréable, petit passage vert rafraîchissant. Le nouveau City Hall est magnifique, bâtiment en verre en forme de vague, et n’hésitez pas à y entrer, vous y trouverez le plus grand mur végétal intérieur au monde. Passez-y aussi le soir si vous pouvez, il y a une pelouse recouverte de fausses roses éclairées juste devant, c’est super beau !

Je visite Namsangol, village traditionnel au milieu de la ville, plutôt touristique puisque vous pouvez essayer nombre d’activités « anciennes » – payantes évidement – tel que tir à l’arc, apprentissage d’un instrument de musique, fauconnerie… Ce n’est pas un coup de cœur mais le parc tout autour est agréable, en même temps dès qu’il y a de la verdure au milieu d’une grande ville pareille ça fait du bien !

J’ai beaucoup aimé le quartier américain, rempli de boutiques, de gens, de restaurants, et de bars (point très important). Pas loin vous trouverez le Mémorial de guerre, agrémenté d’avions, fusées et chars d’assaut, sur fond de propagande. Intéressant. Dans l’autre direction se trouve le musée Leeum, art moderne et contemporain. Un peu cher pour ce que c’est à mon goût, et interdiction de prendre des photos.


Séoul – Musée Leeum

Visite oblige du quartier traditionnel de Buckchon, essayez tôt, ou tard, pour éviter la masse de touristes et de coréens venus s’y faire prendre en photo. En tout cas j’ai adoré !

Petite déception pour Seoullo 7017. Cette passerelle surplombant la ville est agrémentée de fleurs, buissons et petits arbres, mais pas assez à mon goût. L’idée est là, mais sous développée. C’est quand même joli et si vous savez jouer du piano (absolument pas mon cas) vous en trouverez quelques-uns en libre service tout le long.

Passez du temps au Nandaemun Market, plein d’allées remplies d’accessoires et de vêtements et juste quelques stands de nourriture pour vous remplir l’estomac en chemin.

La « Tangente » sur le bâtiment de Hyundai est sympa à voir en passant dans le quartier de gangnam. Cette zone est neuve, moderne, remplie de grand buildings et de plein de magasins.

Gros coup de cœur (qui m’a fait regretter d’avoir oublié ma seconde batterie ce jour là) le pont de Banpo qui rejette de l’eau sous des jeux de lumières toutes les demi-heures après le coucher du soleil. C’est magnifique.

Séoul – Banpo Bridge

Je vous conseille aussi de suivre les remparts, voire même de faire le tour complet si vous partez tôt, c’est une superbe balade, qui vous donne un bon point de vue sur la ville, avec une bonne partie dans la nature, c’est top.

Dans le centre ville une ancienne prison à été reconvertie en immeuble d’habitation et le toit est en accès libre, agrémenté de grands bancs en bois et chaises longues, spot parfait pour admirer le coucher du soleil sur la ville. Une belle preuve du savoir vivre coréen puisque l’endroit est toujours nickel.

J’ai eu la chance d’être dans le coin lors du DMZ peace train music festival, organisé en faveur de la paix entre les deux Corée, pas loin de la frontière. Des musiciens du monde entier, de la bonne humeur, des personnes de tous les âges, une mini fête foraine, un tunnel de guirlandes lumineuses, des concerts jusqu’à 3h du matin… Quelque chose à vivre ! J’y rencontre deux chinoises, Danielle & Joy, avec qui je reste tout du long, adorables, et que j’essaierai de revoir lors de mon futur passage en Chine.


Peace Train Music Festival

D’ailleurs les coréens adorent les goodies et à l’entrée du festival ils nous donnent un sac contenant du fond de teint (autant dire que je l’ai donné à Sarah), un masque de beauté (donné aussi), des patches de fraîcheur en cas de brûlure ou fièvre, et le meilleur: des stickers anti-moustiques, imbibés de citronnelle, efficacité 24h. Il y en a une bonne trentaine et agrémentés d’un visage de panda trop mignon, succès assuré !

J’ai décidé de ne pas aller à la DMZ – la zone démilitarisée entre la Corée du Sud et la Corée du Nord – parce qu’il faut faire partie d’un groupe organisé et que ça coûte cher pour ne pas voir grand chose.

Lorsqu’on évoque la situation avec les sud-coréens ils sont pour la paix MAIS à la génération d’après. Donc ils veulent la paix, la réunification, l’ouverture de la frontière etc mais ils savent bien que si ça arrive beaucoup de nord-coréens fuiront vers la Corée du sud, et non l’inverse. Et ils ont du mal à accepter cela puisque ça entraîne les diverses questions habituelles (logements, aides, emplois…) donc ils préfèrent que ça arrive plus tard.

Le lendemain est un peu difficile : rentrée à Seoul vers 5h du matin, Sarah me réveille à 7h car elle part au Japon et je dois donc partir de chez elle. N’ayant trouvé personne pour m’héberger dans l’est du pays je décide de prendre un bus pour Busan, au sud, et commate toute la journée à la gare routière, car je n’ai pas de bus avant 17h (enfin il y en avait mais le prix était le double. Pensez à demander le bus regular si vous voulez économiser ). Je n’ai pas osé tenter le stop en Corée, ça n’avait pas l’air d’être quelque chose de commun et le réseau de bus n’est pas très cher.

Pas de réponse d’hôtes couchsurfeur à Busan, je réserve un lit dans l’auberge la moins chère.

Cette auberge recherche des volontaires en échange du lit gratuit, donc je décide d’y rester un peu plus d’une semaine. Le travail est décent et mes collègues sont adorables, ils m’ont presque donné envie de rester plus longtemps !

Pour info l’auberge en question est Kimchee Guesthouse à Busan. Pas le top confort mais correcte. Cette auberge peut accueillir 200 personnes donc autant dire que le ménage est intense.


Busan – Quartier Gamcheon

La mer à Busan est assez crade, mais se poser sur la plage ça fait du bien. D’ailleurs les coréens (et peut-être les asiatiques en général) ne vont sur la plage que pour se prendre en photo et ils en prennent un paquet ! puis repartent. Et ceux qui se baignent le font tout habillés, vous verrez très peu de personnes en maillot de bain, que des occidentaux.

Fun fact: il est impossible d’enlever le bruit du déclencheur lorsque vous prenez une photo avec un téléphone vendu en Asie. En effet c’est une mesure mise en place car il y a eu trop de déviance dans le passé (photos prises sous les jupes…). Et comme les asiatiques adorent prendre des photos de tout, le bruit peut vite taper sur les nerfs.

J’ai aimé le Citizens Park, si vous pouvez faites-le en fin de journée, le soir il y a une fontaine qui s’illumine et autres trucs cool que je n’ai pas vus, j’y suis allée trop tard. C’est assez grand, il y a des sculptures, une roseraie, des lacs, des cubes lumineux en mode Tetris…

À faire: Gamcheon cultural village où comme ils aiment l’appeler: le « Santorini Machu Pichu of Korea », rien que ça. C’est tout un quartier dont les maisons sont colorées, il y a des mosaïques sur les murs, des peintures, des sculptures un peu partout… C’est vraiment beau et en hauteur donc petite vue sur la baie plus bas.

Je vais jusqu’au Jagalchi fish market, le marché aux poissons le plus grand de Corée. À mon sens ce n’est pas très impressionnant et un peu déprimant pour les poissons qui sont entassés dans ces aquariums, en attendant d’être découpés. Mais tous les étals à l’extérieur tenus par des mamies valent le détour, et vous pourrez manger pour pas trop cher ici, ou plus haut au BIFF Square où vous trouverez des dumplings et pancakes fourrés.

Passage au temple Haedung Yonggung au bord de la mer, à l’ambiance un peu mystique. Peu fréquenté lorsque j’y suis allé mais sans doute du au temps gris.


Busan – Haedong Yonggung Temple

Gros coup de cœur pour Beomeo-sa, un ensemble de temples dans les hauteurs, un peu loin du centre – métro puis bus -, et vous pouvez enchaîner sur une randonnée pas loin. Le cadre est vraiment magnifique : montagnes et forêts tout autour.


Busan : Beomeo-sa

La plage de Haeundae est plutôt cool ainsi que tout le quartier autour où vous pourrez voir des performances de street artistes et grignoter pour pas trop cher ici et là.

Je suis restée bloquée quelques jours de plus à Busan à cause d’un typhon qui entraîne l’annulation de mon ferry puis de mon premier avion. En soit Busan est agréable, surtout le bord de mer la nuit avec le reflet des bâtiments dans l’eau, mais 4-5 jours sont suffisants pour tout voir.

Je pars ensuite pour Jeju, l’île au sud de la Corée, aux paysages volcaniques. Je ne suis restée dans la ville même de Jeju qu’une nuit, le temps de visiter le marché de Dongmun (miam !) et d’aller voir le rocher Yongduam : censé avoir la forme d’un dragon, ça demande pas mal d’imagination. Par contre pas loin il y a un pont suspendu agrémenté de guirlandes lumineuses et je trouve ça super cool !

Le lendemain je pars à Seogwipo au sud, où les auberges sont moins chères. Le réseau de bus est plutôt bien sur l’île mais si vous êtes plusieurs ou si vous êtes riches : louez une voiture. Clairement ça m’a manqué et un trajet qui devait prendre une demi-heure en voiture me prenait deux heures en bus. De fait je n’ai pas pu voir tout ce que je voulais.

Je trouve mon bonheur en cascades : Sojeongbang (gratuite, moins connue, peut-être ma favorite) , Jeongbang, Cheonjiyeon & Cheonjeyeon. Elles sont superbes. La dernière, Cheonjeyeon, est un ensemble de trois cascades, mais vous y verrez aussi un temple et un magnifique pont décoré de 7 nymphes sculptées.

J’attendais avec impatience d’aller voir la grotte volcanique de Manjang-gul mais au final je suis un peu déçue. Fortement influencé par le fait qu’il pleut des cordes et la température à l’intérieur est de 14°. Mais c’est quand même impressionnant ce tunnel de lave sur 1 km.

J’ai adoré le marché de Jungang à Seogwipo où j’ai pu goûter le porc noir et me refaire plaisir avec un pancake sucré. Il est assez grand et vous trouverez votre bonheur pour manger. Je n’ai pas goûté la spécialité de la région, un agrume dont ils vendent le jus partout mais relativement cher pour une petite bouteille.


« pancake » sucré

Magnifique plage sur la côte ouest : Hyeopjae. La mer bleu, le sable blanc, et la roche volcanique noire sur quelques km vous donnent envie d’y rester tout un après midi. Personnellement je décide de longer la mer sur les rochers pendant 4 km jusqu’à Panpo Port où je reprends le bus.


Jeju – plage de Hyeopjae

Si vous avez une voiture ou la possibilité d’y être à l’aube, la montagne Seongsan Ilchulbong est réputée pour son point de vue sur le lever du soleil. Personnellement je ne peux pas faire autrement que d’y aller dans la matinée mais la vue sur le cratère et la ville autour vaut le coup à n’importe quel moment de la journée.

Quand je descends du bus au retour, des mamies assises dans la rue me proposent de manger du melon et de la pastèque avec elles. Adorables !

Malheureusement je n’ai pas pu aller à la montagne Sanbangsan, j’ai loupé l’arrêt de bus deux fois de suite…, donc je me rabats sur une petite randonnée assez agréable sur Dangsan-bong. De toute façon sur Jeju vous trouverez votre bonheur en randonnées, montagnes, plages, forêts…

Je finis en beauté par le mont Hallasan, fierté de l’île. Je me lève à 4h45 pour prendre le premier bus à 6h qui me déposera au début du sentier Seongpanak réputé pour être le plus facile (il n’y a que deux sentiers qui vont jusqu’en haut). Pas de bol pour moi le chemin est en travaux et le temps de prendre un autre bus puis un taxi avec deux autres randonneurs qui se sont fait avoir, j’arrive à Gwaeumsa (plus difficile) à 7h30. C’est parti pour 7h de randonnée aller-retour (comptez 8h, voire 9, si vous faites des pauses et ne marchez pas très vite). Attention à arriver au checkpoint aux trois quarts de la montée avant 13h30 sinon vous ne pourrez pas continuer jusqu’en haut.


Mont Hallasan

J’avoue que je m’attendais à pire, même si c’était quand même difficile et épuisant. À mon grand dam je commence ma randonné sous un soleil charmant mais à mi-chemin il se met à pleuvoir. Je suis abritée par les arbres mais arrivée au sommet (2000m) je ne vois rien à cause du brouillard et des rafales de pluie glacée. Donc un peu déçue de la fin. Mais là balade valait carrément le coup, la forêt est superbe tout autour avec des ruisseaux et des fleurs par ci par là. Arrivée en bas avec les jambes en coton vers 14h30 un couple d’américains rencontrés sur le chemin me déposent à l’arrêt de bus le plus proche pour Seogwipo, ils ont eu la bonne idée de louer une voiture eux !

Le lendemain, 10 juillet, je retourne à la ville de Jeju pour prendre mon avion. D’ailleurs la navette directe pour l’aéroport coûte cher: 5000 won, mes derniers sous, alors que prendre un bus de Seogwipo à Jeju, puis du centre à l’aéroport, m’aurait coûté la moitié. Enfin tout est relatif, 5000W équivalant à moins de 4€… Mais bon tant pis, et l’avantage c’est que je peux payer par carte dans tout les 7/11 pour m’acheter à manger. Donc je ne meurs pas de faim avant de prendre mon avion low cost (AirAsia) qui ne sers pas de nourriture gratuitement durant le vol. Ni eau non plus.

Après un mois en Corée du Sud (une semaine et demi à Seoul, de même pour Busan, et une semaine à Jeju), je décolle pour la Malaisie. C’est loin mais je fuis la mousson sur le reste de l’Asie.

Ce pays m’a beaucoup plu même si je sais que je n’y vivrais pas. Il est facile de communiquer en anglais, le coréen n’est pas très compliqué non plus. Ça a été une bonne surprise puisque j’avais entendu beaucoup de choses négatives vis à vis de cette société. Alors oui, un cinquième des femmes a recours à la chirurgie esthétique, oui elles bousillent leur peau à force d’utiliser des produits blanchissants (encore ce culte de la peau blanche), oui les hommes vont boire après le travail et il est plus acceptable d’arriver en retard au travail à cause d’une gueule de bois qu’à cause d’un problème familial.

Mais les coréens sont quand même très gentils, le pays est sécuritaire et il est facile de s’y débrouiller toute seule (logement, transport, nourriture…). Le coût de la vie est à peu près le même qu’en France. Et enfin les paysages sont super jolis !


Pour suivre mes aventures en Malaisie, c’est par . Et pour des photos inédites de la Corée du Sud, c’est ici. D’ailleurs, vous saviez que vous pouviez en acheter ?

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