La Malaisie, le mélange de culture
La Malaisie, le mélange de culture

La Malaisie, le mélange de culture

  • Août 2018

RM = Ringgit, la monnaie locale. 1RM équivaut plus ou moins à 22 centimes d’euro.


Kuala Lumpur, la capitale

Pour mon troisième mois de voyage j’embraye sur la Malaisie, non touchée par la mousson au mois de juillet, ce qui m’arrange bien ! Arrivée à Kuala Lumpur je vois tout de suite la différence avec la Corée du Sud et le Japon. Davantage de pauvreté dans la rue, une majorité de femmes voilées, une population masculine qui me dévisage sans gêne. Les rues sont plus bruyantes et plus sales.

Je paye le train depuis l’aéroport jusqu’au centre, relativement cher, alors que le bus coûte la moitié pour à peine plus de temps (ce que j’apprends plus tard).

Premier soucis en arrivant au point de rdv où mon hôte Couchsurfing est censée me récupérer, je reçois un message de sa part me prévenant que sa belle-mère venant de mourir elle ne va pas pouvoir m’héberger. Il est 22h30.

Ce n’est pas grave je m’assois à un food court (un stand de nourriture au milieu d’autres stands, mini cuisines et tables communes au milieu) le temps de manger quelque chose puisque mon avion low cost de 6h n’avait évidement aucun repas gratuit. Je profite du WiFi pour réserver une auberge, mais le temps de finir mon repas mon hôte me recontacte et finalement viens me chercher. Deuxième surprise c’est un homme alors que j’étais persuadée que ce devait être une femme.

Au final c’est un couple d’une cinquantaine d’années, ils n’ont pas voulu me laisser toute seule dehors au milieu de la nuit dans une ville telle que Kuala Lumpur, mais ils partent le lendemain pour Singapour donc je devrai me lever à 5h30 (ça pique!). Mes hôtes n’ont pas de WiFi et je ne peux donc pas annuler ma réservation sur booking.com, j’espère que je ne serai pas débitée. Je ne peux pas non plus prévenir mes proches à qui j’avais dit que j’étais sans logement en fin de soirée (oups).

Le lendemain matin je me dirige vers cette auberge, puisque c’est la moins cher et que j’ai besoin d’un logement pour les prochains jours. La capitale dispose d’un métro tout neuf qui fonctionne bien, c’est une surprise !

Arrivée à mon auberge (Natalia Guesthouse, je recommande : 17 RM la nuit en dortoir de trois lits, à peine 4€, avec petite cour et terrasse au niveau du toit, le gérant est très gentil) ceux qui y travaillent n’avaient même pas vu ma réservation de la veille et je n’ai donc pas besoin de payer un supplément.

Je me balade un peu dans les rues de la capitale, dans une mosquée on me prête une longue robe à capuche pour la visiter (ça me fait penser à la série the Handmaid’s Tail, toute vêtue de rouge). D’ailleurs dans tous les temples il sera demandé aux femmes de se couvrir les cheveux, donc ayez avec vous un foulard, sinon ils en prêtent à l’entrée. Il faut aussi couvrir vos jambes et épaules.

Je vais au KL Forest Eco-Park, une petite jungle que l’on peut traverser, parfois en hauteur, parfois au sol, et je découvre les joies de me faire bouffer par les moustiques. Je me rends compte que mes produits anti-moustiques (le bain de trempage et le mélange à la citronnelle) sont complètement inefficaces pour moi. En une heure je compte une vingtaine de piqûres rien que sur mes jambes. En plus ici ce sont des moustiques tigres et les piqures se changent vite en plaques rouges qui démangent.


KL Forest Eco-Park

Mon auberge étant dans Chinatown je profite des fruits frais et délicieux pour pas cher, un bonheur ! La nourriture en Malaisie est bonne, principalement des nouilles et du riz sauté mais aussi des recettes chinoises et indiennes qui viennent varier le tout. Pour manger, pas de couteau ! Seulement fourchette et grande cuillère. J’en profite aussi pour enfin goûter le Durian, fruit réputé internationalement pour son odeur. Il est notamment interdit d’en transporter dans le métro tellement il pue. Je n’aime pas trop mais ça va, la texture est très douce, mais c’est assez vite écoeurant. Par contre gros coup de coeur pour le Jackfruit.

Je visite le Lake Gardens Park, très grand, agrémenté de fleurs, plantes aromatiques, épices et des cerfs qui se baladent à côté.

Dans mon auberge pas d’eau chaude mais il fait de toute façon tellement chaud et humide que je prends minimum deux douches par jour et le frais fait du bien. Pas de savon et shampoing en libre service non plus, en même temps c’est l’auberge la moins chère et ce n’est pas le même standing qu’en Corée du Sud ou au Japon.

La Malaisie étant un pays développé par rapport au reste de l’Asie du Sud-Est, vous croiserez beaucoup de voitures dans la rue.

Dans les auberges vous aurez la chance d’avoir le choix entre toilettes traditionnelles (équivalentes au toilettes turques) et toilettes occidentales.

Ici il fait nuit à 18h, toute l’année ce qui me perturbe un peu.

Greg me rejoint le deuxième jour, on s’est rencontré en Corée du Sud et il s’avère qu’il est en Malaisie en même temps que moi, on en profite donc pour visiter à deux.

Visite de Batu Caves, c’est bondé évidement, il y a des statues impressionnantes, un escalier gigantesque, des singes partout qui volent nourriture et eau, des grottes immenses… La grotte principale est visitable avec un guide mais c’est cher donc je laisse tomber. Je suis un peu déçue au final mais je sais qu’au moment où j’écris ces lignes les marches de l’escalier ont été repeintes de toutes les couleurs et c’est très beau.

Direction le Taman Negara, forêt tropicale primaire parmi les plus vieilles du monde. Le long de la route je découvre les ravages des plantations de palmiers à huile. Les forêts sont rasées, les palmiers sont partout sur des km. Aucun animal ne peut y vivre, c’est donc les priver de leur habitat naturel, tout ça pour fabriquer de l’huile de palme que vous trouverez dans nombre de produits alimentaires (comme le Nutella), huile qui est nocive pour la santé et pour l’environnement. De nombreuses alternatives existent désormais (je conseille la pâte à tartiner de la marque Lucien Georgelin!).

Deux bus plus tard on dépose nos sacs au Durian chalet et on part faire un tour dans la jungle. La traversée en barque entre le village et le début du parc national ne coûte qu’1 RM à chaque fois (20 centimes). Officiellement tout visiteur doit acheter un permis de visiter mais ça coûte cher, le bureau se trouve quelque part dans le village, et personne ne vous contrôlera au milieu de la jungle. On passe les jours suivants à se balader dans la jungle, à se baigner dans la rivière, à profiter des sons et des odeurs totalement différents de ce à quoi je suis habituée. Se déplacer dans la jungle est facile, il y a quelques panneaux, les sentiers sont assez bien définis… J’y vais même en sandales c’est dire ! Donc vraiment pas la peine de payer pour un guide. Il fait une chaleur et une humidité de fou, je passe mon temps à transpirer ! Mon appareil photo décide de ne plus fonctionner à ce moment là et je n’ai donc quasiment aucune photo de cette magnifique forêt.


La jungle du Taman Negara

Même dans la jungle nous rencontrons beaucoup de touristes et une majorité de français ! Je passe mon temps à entendre des français parler, raté pour le dépaysement…

Quatre jours plus tard on retourne à Kuala Lumpur puis le lendemain on prend un bus pour Singapour car Greg y prend un avion. J’en profite pour m’y acheter un anti-moustique ultra chimique parce qu’à force de me faire piquer je vais choper la dengue… Il s’avère que mon sang étant très apprécié, même ce produit ne fonctionnera pas sur moi.

Une semaine et quelques plus tard je reviens en Malaisie, à Melaka, où je tombe sur mon auberge favorite du voyage : « La vie en rose », tenue par Said. Le confort est correct mais c’est le gérant qui est adorable, très drôle, et cuisine merveilleusement bien.

La mosquée flottante Selat Melaka Strait Mosquée est illuminée le soir, c’est joli. J’y vais avec un groupe de français rencontrés à l’auberge, avec qui je m’entends bien.

Le lendemain je me balade le long de la rivière, les maisons sont colorées, décorées, la jetée est agrémentée de plantes et d’arbres, c’est beau. J’y vois le plus gros varan jusque là, environ 1m50 – donc ma taille – , ça surprend ! La fin de la ballade m’amène à Villa Sentosa, une maison traditionnelle reconvertie en musée, dont l’extérieur est très jolie mais je ne peux pas visiter l’intérieur car la famille qui y vit a l’air absente. Cette ville est mignonne mais il n’y a pas grand-chose à y faire, et trouver de la nourriture le soir est super galère. La plupart du temps je mange à l’auberge. Le soir des tuk tuk tous plus kitchs les uns les autres traversent la ville avec une musique affreuse, portant des touristes dans un univers d’Hello Kitty, Pokemon, ou Disney.


Dans les rues de Melaka

Je prends le bus jusqu’à Mersing, la ville côtière avant Tioman Island. Je suis hébergée vis Couchsurfing par Arifah et ses colocataires, j’ai passé un super moment avec elles ! Elles cuisinent merveilleusement bien et vivent dans un internat de lycée, où les élèves (filles) me dévisagent quand je passe.

Je goûte le Cendol pour la première fois, une boisson faite avec du lait de coco, du maïs, des haricots rouges, du sucre de palme, de la glace pilée et des nouilles de riz au pandan (une plante souvent utilisée dans l’alimentation et donnant une teinte verte). Le goût est un peu bizarre et assez écoeurant.

Le ferry pour Tioman Island coûte 70 RM (15€) + 30 de taxe pour protection eco-marine, négociable à 15 si vous avez une tête d’étudiant (ils ne demandent pas de justificatif). Je descend à Tekek et prends une jeep-taxi jusqu’à la plage de Juara de l’autre côté de l’île, réputée comme la plus belle. J’y plante ma tente en payant 20 RM (4€) par nuit à une auberge pour l’utilisation des sanitaires et petit déjeuner. Je laisse ma tente plus ou moins sans surveillance durant la journée, mais comme elle est sur le terrain de l’auberge elle est protégée. Je la ferme quand même avec un cadenas au cas où, mais je sais bien qu’un simple couteau suffirait à déchirer la toile.


La plage de Juara

Je fais du Snorkeling pour la première fois, découvrant ainsi la beauté de l’univers marin composé de poissons de toutes les tailles et formes et des coraux multicolores.

La plage de Juara est également le lieu de nidification de tortues mais je loupe à quelques minutes près l’éclosion d’une dizaine d’entre elles. J’ai juste le temps de voir un petit bébé minuscule se battre contre les vagues pour suivre les autres.

Sur Tioman je me relaxe, me baigne, profite du lever de soleil depuis ma tente sur le sable, bronze, me coupe les pieds sur les rochers, profite de la balançoire sur la plage, bouquine, mange dans les petits restaurants pas touristiques plus loin sur le chemin, et flippe la nuit toute seule dans ma tente lorsqu’un orage passe à proximité. Me poser au même endroit pendant quelques jours me fait du bien.

Au troisième jour je remballe, paye ma note (ils ont oublié de compter le Snorkelling, ce que je leur rappelle, me coutant 125 RM de plus…), et reprends le ferry pendant trois heures.

Je poireaute à la gare routière jusqu’à minuit et demi afin de prendre un bus pour Kuala Terengganu, où, six heures plus tard, j’arrive un peu fourbue pour visiter la mosquée de cristal. Contrairement à son nom elle n’est pas constituée de cristal mais de panneaux en verre qui reflètent le ciel et le soleil. Le résultat est bluffant.


La mosquée de Cristal

Le lendemain je me lève tôt pour aller prendre le bus direction Kuala Besut où je prends le bateau pour les îles Perhentian. Même tarif que pour Tioman, le prix de la taxe n’est cette fois pas négociable malheureusement. Sur l’île il n’y a aucun ATM, attention à prévoir puisque vous ne pourrez pas payer par carte. Perhentian étant très connue il y a beaucoup de touristes et les auberges sont relativement chères pour une qualité médiocre. Ne vous embêtez pas à réserver en ligne, faites-vous déposer sur la plage qui vous tente le plus et demandez le prix directement aux établissements, ils ont toujours une chambre de libre.

Même programme que sur Tioman, le Snorkeling est beaucoup moins cher ici et j’en profite, ce qui me permet de voir des requins à pointe noire et des tortues marines dont la taille m’impressionne. Je teste aussi ma pochette étanche pour portable afin de prendre des photos et vidéos sous l’eau mais c’est clairement pas pratique ! Ceci dit mon portable à survécu donc c’est une victoire. J’ai trouvé Perhentian Island beaucoup moins joli et moins tranquille que Tioman Island, qui est encore méconnue.


Perhentian Island

Deux jours plus tard, après avoir profité de la plage je reprends un bateau puis un bus de nuit pour Penang.

Après avoir partagé un Grab ( équivalent asiatique d’Uber) avec trois autres filles j’arrive à mon auberge à George Town vers 6h du matin où je somnole un peu dans le salon avant de me sentir la force de partir visiter. L’avantage de déambuler si tôt dans les rues c’est qu’il n’y a presque personne et je peux photographier les œuvres de street art tranquillement sans avoir à éviter les touristes qui se prennent en photo à côté d’elles (je vous assure que certaines personnes attendent vingt minutes avant de pouvoir en profiter). Les rues sont pleins de ces petites œuvres plus ou moins dissimulées, c’est agréable.

Il y a également quelques temples, et en fin d’après-midi je me dirige vers les jetées où je peux voir des maisons sur pilotis. Les habitants y vivent dans un confort plus que sommaire, et de nombreux rats déambulent en bas. Le top.


Dans les rues de George Town

Le lendemain je prends un bus jusqu’au jardin botanique dans la seule optique de faire la randonnée à côté qui mène à Penang Hill. Elle est un peu difficile et mal indiquée mais je suis tranquille, je en croise personne, et le paysage est beau. Arrivée en haut par contre je réalise que tout est développé, il y a deux musées (payants évidement), plein de restaurants, un coeur artificiel géant devant lequel les couples se prennent en photo, des artistes qui tous tirent le portrait dans le style que vous désirez… Évidement c’est bondé et ça me fait bizarre après deux heures toute seule dans la nature. Malgré tout la vue est superbe ! Je décide de prendre le funiculaire jusqu’en bas car je suis fatiguée (15 RM= 3€) et fais la queue pendant plus d’une heure pour l’atteindre.


Durant le chemin pour monter

Le gérant de mon auberge me conseille de prendre un bus jusqu’à Kek Lok Si Temple et je ne le regrette pas. Je monte en haut de la pagode, j’admire les collines verdoyantes autour de la ville, et déambule dans l’ensemble religieux pendant une bonne heure. Puis je me rends au Hin Bus Depot Art Center, ouvert tous les dimanches, où je peux découvrir une trentaine de stands d’artisanats divers et variés, avec une bonne ambiance relax, de la nourriture bio, de la musique swing, des plantes partout… Un de mes endroits favoris !


Hin Bus Depot Art Center

Le soir je vais manger un Cendol dans LA rue dont c’est la spécialité… Et me choppe une intoxication alimentaire. Il fallait bien que je sois malade à un moment, trois mois sans rien ça devenait suspect ! Mais comme j’ai un super corps, en une nuit ça passe.

Après une nuit fort agréable passée sur le sol de la salle de bain je prends le bus pour Tanah Rata (la ville dans la région des Cameron Highlands), encore un peu nauséeuse. Évidement c’est de la route de montagne pendant cinq heures, mais je survis. Par contre je suis quand même épuisée et en arrivant je prends un taxi jusqu’à mon auberge. Il est d’ailleurs possible de négocier le prix des taxis en Malaisie (ce que je fais à chaque fois).

Mon auberge est agréable, la gérante cuisine le pain elle-même tous les matins, c’est calme, propre. Cameron Highlands ce sont des collines recouvertes de plantations de thé, à la température plus clémente que le reste de la Malaisie car c’est en hauteur. Il y a quand même une différence de quinze degrés, ça fait du bien !

Il y a une douzaine de treks à faire dans la région, beaucoup se croisent et se recoupent, passent à travers forêts et plantations … Vérifiez quand même avec votre auberge avant, certains sont fermés / n’existent plus ou ne sont pas à faire tout seul. La difficulté varie mais par exemple je déconseille le trek n°10 si comme mois vous n’avez rien mangé depuis deux jours, quasiment pas dormi, et avez vos règles. J’ai cru ne jamais atteindre le sommet et j’ai du m’arrêter toutes les cinq minutes sous peine de m’évanouir. Évidement je ne pense pas que quelqu’un d’autre réunira toutes ces conditions, sinon c’est vraiment pas de bol ! Mais mes efforts sont récompensés puisque la vue au sommet est franchement sympa et en prime un homme joue de la guitare en observant les papillons (le genre de situation peu commune). Je reste donc une bonne heure à discuter avec lui tout en récupérant de l’énergie.

Plus loin un trek rejoint une plantation de thé mais le chemin n’est pas agréable, traversant une carrière. La partie sympa c’est l’arrivée où je peux boire un thé devant une vue magnifique. Par contre pour rentrer à l’auberge je dois prendre un taxi (prix négociable) puisque l’autre option consiste à longer la route pendant plusieurs heures.

Le lendemain matin, suite à une nuit d’insomnie, j’échoue à me lever à l’aube pour le lever du soleil. Je décide alors de faire les treks 4-6-3-2, qui se rejoignent à certains endroits. Le début est un peu flippant car sur le chemin je croise un groupe de 5 chiens errants, mais ils ne m’attaquent pas. La traversée de la forêt recouverte de mousse est superbe. Le trek numéro 2 est ultra glissant, tout en pentes et en montées. Un panneau indique le chemin et la durée estimée : 3h/ « 1h30 si vous êtes sportif », ajouté au feutre par un randonneur honnête. Pas peu fière de le réaliser en moins d’une heure trente, je m’accorde une petite pause goûter assise sur un tronc d’arbre.

Je ne croise que deux autres couples de randonneurs. Au bout de 3h30 je sors de la forêt, au sommet du temple Sam Poh, désert, constitué de quelques statues. Le chemin du retour se fait à travers le village et sur la route, sauf la dernière partie où je retrouve la nature, passant à côté de Parit Falls. J’arrive dans le centre où je me régale au restaurant indien en discutant avec des belges assis à la table d’à côté.

Le 16 je me lève à 5h15 du matin pour aller voir le lever du soleil. Je prends un bus vers 6h25 (4RM, horaires plus ou moins variables) au niveau des restaurants et il me dépose à la jonction pour la Mossy Forest. Je commence à marcher le long de la route et moins de cinq minutes plus tard une voiture s’arrête (une femme avec ses deux filles) et me conduis au point de vue pour le lever du soleil. Pas de doute, c’est l’endroit : une trentaine de personnes attends là, dans le silence et le froid, appareil photo prêt, pour admirer les couleurs de l’aube sur les collines de plantations de thé. Ça vaut le coup, la vue est magnifique.


Lever de soleil sur les plantations de thé

Puis je continue à monter la route qui surplombe la Boh Plantation, m’offrant un paysage à couper le souffle. Au bout d’une heure de marche une Jeep pleine de touristes s’arrête et propose de me déposer à l’entrée de la Mossy Forest, ce que j’accepte avec plaisir. Cette forêt est connue dans le coin pour ses arbres recouverts de mousse mais honnêtement heureusement que c’est gratuit parce que ça ne vaut pas le trek de la veille. Elle comporte cependant une passerelle offrant une superbe vue sur les alentours. Lorsque j’y suis allé le trek traversant la forêt après la passerelle était interdit pour les touristes, l’entrée étant même gardée. Mais j’ai croisé des gens à l’auberge qui ont pu y aller, les gardes étant absents au moment de leur passage.

Personnellement je rejoins le trek numéro 1, à droite en sortant de la forêt. Le début nécessite de longer un grillage, à moitié écrasée par la végétation, à côté d’une base militaire. Le garde peut parfois vous dissuader de faire cette randonnée, et après coup je suis d’accord. Le début est superbe, bien que dangereux puisque le chemin est très glissant, mais arrive un moment où je ne vois aucune indication quant à la suite du trek. Je ne trouve rien, le sentier s’arrête d’un coup. Ni flèche, ni ruban, ni panneau, ni trace de pas, ni trouée dans la végétation. Rien. Je tente de continuer par différents chemins, mais le sol, friable et boueux, s’écroule sous mes pas et je me retrouve à grimper en m’accrochant aux racines et branches, dégringolant sur les rochers un peu plus bas.

Au bout d’une heure d’essai, je réalise que je suis toute seule, que je saigne à différents endroits à force de tomber, et que s’il m’arrive quelque chose personne ne me trouvera avant plusieurs heures/jours puisque je n’ai encore croisé personne. Je décide alors de faire demi-tour, en galérant, et ressors au point de départ.

Après en avoir discuté avec des personnes à l’auberge, il semble qu’il est plus facile de trouver son chemin en commençant le trek depuis la ville, la fin étant la Mossy Forest. Mais même l’entrée est cachée, donc fouillez bien, et évitez de le faire seul.e.

Je dois alors faire tout le chemin en sens inverse, jusqu’à l’arrêt de bus où je suis descendue le matin même. J’attends et j’attends encore, je discute avec un retraité japonais, j’attends, des européens nous rejoignent, on attend encore. Une heure et demi plus tard le bus n’arrive toujours pas et avec les européens on négocie un taxi pour nous ramener à Tanah Rata. On s’en sort pour le prix d’un ticket de bus chacun. Tant qu’à être à la gare je réserve mon billet de bus du lendemain pour Kuala Lumpur puis rentre à l’auberge, prendre une douche glaciale puisque l’eau chaude ne fonctionne pas, comme dans beaucoup d’auberges.

Les deux jours suivant je retourne à la capitale, me reposer à Natalia Guesthouse, l’auberge où j’étais au début du mois. Je lave toutes mes affaires : une machine par mois ça fait du bien, le reste du temps je lave juste mes habits sous la douche en même temps que moi. Je réserve mon billet d’avion pour l’Indonésie et me renseigne sur les choses à y voir.

Un magasin offre de la barbe à papa gratuite dans la rue à côté ; il fait d’ailleurs tellement humide dans cette fille que la friandise fond en quelques minutes et perd son aspect cotonneux ! Le taux d’humidité est si élevé en Malaisie que mes papiers (passeport, permis de conduire, carte d’identité…) ont commencé à moisir.

Je goûte la mangue verte et la Rose Apple, deux fruits à peine mûrs qui se mangent avec de la sauce ou des épices. Je ne suis pas fan. Alors je me rachète de la bonne mangue jaune.

La Malaisie c’était vraiment chouette. Niveau nature j’ai enfin commencé à voir ce que je cherchais. La nourriture est super bonne, variée culturellement. Et puis les fruits ! Si bons !

La population est gentille, même si au début j’ai eu un peu de mal, toute seule dans les rues de Kuala Lumpur. De toute façon la capitale sert surtout de transit, elle est bruyante et peuplée, pas très jolie.

Le réseau de bus est bien fait, il y a énormément de bus de nuit, ce qui m’économise le prix des nuits en auberge. Il est facile de se débrouiller en anglais. C’est quand même un pays développée, pas encore très dépaysant pour moi. Je pense y avoir vu tout ce que je voulais et mon coup de coeur c’est le Taman Negara, la forêt primaire.

Le 19 août je m’envole pour Sumatra !


Si vous voulez revivre ce voyage en photo, les voici. Vous pouvez d’ailleurs les acheter pour décorer chez vous. Et pour ceux qui veulent continuer à suivre mes aventures, voici mon article sur l’Indonésie !

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