Le Japon, entre modernité et traditions
Le Japon, entre modernité et traditions

Le Japon, entre modernité et traditions

  • Juin 2018

Akihabara, Tokyo

Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en arrivant au Japon, n’ayant pas prévu d’y aller aussi tôt, encore moins d’y commencer mon tour du monde. L’occasion d’y aller avec mon meilleur ami et sa famille s’est présentée et je les remercie encore du fond du cœur pour m’avoir aidé financièrement les dix premiers jours.

Arrivée à Tokyo, je ne me rends pas tout de suite compte à quelle point cette ville est tentaculaire. L’imaginer dans sa globalité est très difficile. Quelques jours à l’arpenter me fera réaliser à quel point il faudrait des semaines pour en apprécier ses différents aspects.

L’avantage de suivre mes amis c’est que je n’ai rien à organiser pour le début, ce qui est appréciable (surtout quand je pense à la suite du voyage). A Tokyo je suis hébergée par des amis de la famille, ce qui m’évite d’aller d’auberge en auberge.

Nous commençons par visiter le plus vieux temple de Tokyo, sensō-ji, coup de cœur pour ce lieu magnifique. Dans les jours qui suivent nous visitons Akihabara, le quartier des mangas et des jeux vidéos. Si votre truc c’est les salles d’arcades ça vous plaira. Les bâtiments autour sont originaux.

Passage obligé à Shibuya, le quartier le plus vivant de Tokyo, où la foule nous entoure de toute part tout en suivant un ballet organisé, c’est fascinant. Entouré de grands panneaux publicitaires, restaurants et bars, y aller de nuit est vraiment top.

Autre must see, le marché aux poissons de Tsukiji. Vous aurez du mal à traverser la foule, mais manger du poisson frais directement dans un restaurant au dessus du marché vaut le coup.

Gros coup de cœur, le temple de Fukagawa fudo-do, qui abrite des milliers de statuettes en cristal. Y aller au moment d’un rituel du feu est passionnant, gratuit et dure une demi-heure.

Autre lieu intéressant : le musée des samouraïs. Vous apprendrez plein de choses sur les dynasties et l’histoire du Japon, et pourrez même essayer les costumes à la fin !

Si vous avez besoin de nature et devez choisir entre Shinjuku-goen et Meiji-jingu, j’ai adoré le second, davantage en forêt (et gratuit !).


Grant Impérial parc, Ueno, Tokyo

Après 5 jours à Tokyo (pas assez à mon goût), on embarque dans le shinkansen direction Kyoto ! Le train super rapide (et super cher) est tout beau tout propre, et si vous comptez voir le Mont Fuji par la fenêtre en passant sachez que c’est rare (à cause du temps tout ce que nous avons vu c’est du brouillard).

À Kyoto je reste dans ma toute première auberge de jeunesse une nuit puis enchaîne trois nuits en Couchsurfing. Le jeune homme ne parle pas beaucoup et je dors sur le sol dans son 10 m² mais ça fait des économies. La fin de mon séjour se passe en auberge également.

Kyoto est bondée, la foule se fait encore plus ressentir qu’à Tokyo, que ce soit touristes étrangers ou élèves japonais en visite. Beaucoup d’occidentaux paradent dans les rues avec des kimonos, ce qui enlève de leur charme à mon goût (aux kimonos hein, pas aux occidentaux).

À Kyoto le château de Nijō-jō vaut le déplacement.

Autre must see blindé de touristes mais justifié, Kinkakuji, le temple doré , impressionnant. Entouré de verdures et d’un lac c’est vraiment superbe.


Kinkakuji, Kyoto

Un lieu dont j’attendais beaucoup, avant même de savoir que j’irai au Japon, c’est la bamboo forest d’Arashiyama. Ce fut une grosse déception. Je vous conseille d’y aller tôt le matin ou tard le soir parce que sinon tout ce que vous verrez ce sont des touristes et des filles en kimono qui se prennent en photo tous les 5 mètres. Et la bamboo forest n’est pas très longue donc vous ne pourrez pas y échapper. Tout le quartier d’Arashiyama est sympa, à mon sens la monkey forest ne vaut pas le déplacement, à part peut être pour la vue sur Kyoto (mais d’autres point de vue en hauteur existent).


Bamboo forest, Arashiyama, Kyoto

Nishiki market est carrément cool, avec quelques mets étranges, beaucoup de bruit et d’odeur. Parallèlement il y a les allées remplies de magasins de vêtements, souvenirs, pinceaux à calligraphie et couteaux.

Autre lieu dont j’attendais beaucoup, Fushimi-Inari-Taisha. Beaucoup de monde évidement mais comme pour tous les lieux de ce type éviter le milieu de journée est le mieux. La première partie est magnifique. Nous n’avons pas fais la deuxième par manque de motivation et d’intérêt.

Le quartier de Pontocho est très vivant le soir, et celui de Gion est sur-côté. Outre les maisons traditionnelles charmantes, il y a là bas moins d’habitants que de touristes.

Après 10 jours de compagnie, Quentin et sa famille rentrent en France, et je commence réellement mon aventure toute seule.

Petite pause nature au parc de Maruyama, très charmant et pas trop fréquenté par rapport au reste de la ville, dont la forêt continue dans les hauteurs. J’en profite sur le chemin du retour pour m’arrêter au temple de Sanjusangen-do, le temple aux 1001 statues bouddhique. Malheureusement interdit de prendre des photos mais les statues sont impressionnantes et ça vaut carrément le coup.

Dernier temple de Kyoto pour ma part, Kiyomizu-dera. Un nombre impressionnant de gens gravite autour et si vous n’aimez pas la foule essayez le matin. Le temple est super, et il y a même un petit chemin qui s’enfonce dans la nature et vous mène à une pagode qui surplombe la ville, c’est très joli et moins fréquenté que le temple principal.

Après ma semaine à Kyoto j’embarque dans un bus de nuit direction Matsumoto et les Alpes japonaises, où je vais aider dans une auberge en échange du logement gratuit. Leurs bus n’ont rien à voir avec les bus français, c’est vraiment le top confort, un grand siège rien que pour soi qui s’allonge presque à l’horizontal, une petite couverture, des pantoufles et un masque de nuit à disposition.

J’arrive tôt, Brian m’accueille et c’est parti pour deux semaines au rythme plus lent. Je donnerai un coup de main dans son auberge familiale traditionnelle, entre le ménage et l’accueil des invités.

La ville est de taille moyenne, avec quelques petits trésors charmants comme le château (superbe de nuit), Joyama et le Alps Parc, quelques événements artistiques, les rizières et surtout les montagne tout autour. Il suffit de faire quelques minutes à vélo pour sortir de la ville et se retrouver dans la nature. Toute la région est agréable, je conseille une randonnée dans la vallée de Kiso, dont la ville d’arrivée, Narai, est très mignonne de type traditionnelle.

Beaucoup d’amoureux des montagnes gravitent par Mastumoto, mais essayant de garder mes économies, je décide de monter les 2000 mètres du Mont Hachibuse, plutôt que de prendre un bus touristique pour les montagnes de l’autre côté. 7h de marche plus tard (et environ 7kg sur le dos) avec une petite pause en stop, j’arrive pour le coucher du soleil en haut de cette montagne, avec une superbe vue sur la région, et quelques biches qui passent. Je passe la nuit seule dans ma mini tente, transie de froid et effrayée par des bruits que je ne suis pas habituée à entendre, en espérant qu’aucun ours n’aura l’idée de s’aventurer hors de la forêt. Je me réveille vers 4h, et rejoins un photographe solitaire qui a la même idée que moi. C’est un paysage de rêve que j’ai sous les yeux, les nuages et les rayons de soleil levant créant une vision digne de peintures. J’en prend plein les yeux, et fais le stock de photos.


Mont Hachibuse, Matsumoto

Le lendemain de mon escalade du mont Hachibuse, je repère une route qui sillonne la montagne et redescend vers la ville. N’ayant pas la foi de refaire la randonnée en sens inverse à travers la forêt avec mon sac à dos, je décide d’emprunter cette route en espérant faire du stop jusqu’à Matsumoto. Je dépasse un gîte qui abrite trois voitures, et continue mon chemin en espérant qu’une des trois finisse par redescendre. Une heure plus tard c’est le cas, et un groupe de trois amis me dépose une heure après à la gare, à dix minutes à pied de mon auberge. C’est ainsi que, mise en confiance par cette expérience et par certaines discussions avec des voyageurs, je décide de faire du stop jusqu’à Fukuoka sur l’île de Kyushu, à plus de 900 km de là. Et aussi parce que mes économies diminuent et que je ne peux pas me permettre de payer le transport pour une si longue distance. Brian me dépose le samedi matin devant l’entrée de quatre voie et c’est parti ! 26 heures plus tard j’arrive à Fukuoka, après 9 conducteurs différents, plus de 1000 km parcourus, et des photos souvenirs sur leurs téléphones.


Dans le camion pour le dernier long trajet en stop entre Hiroshima et Fukuoka

Je n’ai pas eu à attendre trop longtemps en moyenne, sauf à Nagoya où j’ai tourné en rond pendant trois heures puisque impossible de trouver un bon endroit pour faire du stop (et tous ceux à qui je demandais se contredisaient ) , et près d’Osaka où j’ai attendu deux heures puisqu’au milieu de la nuit. Quasiment aucun de ceux qui m’ont véhiculé parlaient anglais (Google traduction à été très utile), principalement des hommes, tout le monde était charmant et impressionné que je voyage toute seule. Certains m’ont payé le dîner, une glace, un café, donné des petits gâteaux ou fait visiter des endroits magnifiques. Je peux donc dire au final que le stop fonctionne bien au Japon, même si je me suis fait dévisager par pas mal de gens.

De mon point de vue il n’y a pas grand chose à voir à Fukuoka même, surtout en deux jours, le reste de la région semble plus intéressant. Le parc en plein milieu de la ville vaut quand même le détour, surtout avec sa presque île en plein milieu du lac, lui même au milieu du parc.

Quelques jours plus tard j’ai réitéré l’expérience du stop pour rejoindre l’aéroport de Saga, à 70km de Fukuoka, où j’ai « dormi » sur un banc à l’extérieur (l’aéroport étant petit il est fermé la nuit car il n’y a pas de vol ). L’homme qui m’a pris en stop, adorable, à fait l’aller-retour rien que pour moi de Fukuoka à Saga!

À propos de la société japonaise : je n’y suis pas restée assez longtemps pour comprendre toutes les nuances (je pense y retourner plusieurs mois après mon tour) mais j’ai quand même eu le temps de noter certaines caractéristiques intéressantes.

Aspect esthétique certes, mais tous les japonais sont bien habillés. De tout mon séjour, je n’ai vu que deux personnes en jogging (quand on réalise le nombre d’habitants, ça ne fait pas beaucoup…). C’est assez reposant et en même temps on se rend vite compte que leur mode n’est pas très variée, notamment pour les hommes qui travaillent : le costume noir est assez récurant. Une autre différence c’est que les hommes sont plus enclins à avoir un sac avec eux, que ce soit mallette, sac à dos, ou tote bag, ce n’est pas quelque chose que l’on a l’habitude de voir en France où les hommes ont tendance à tout mettre dans leurs poches (ou dans le sac de leurs amies).

Autre aspect, toutes les femmes se couvrent du soleil. Influence de la peau blanche comme critère de beauté ou simple conservation de leur santé ? Ainsi les ombrelles sont légions dans la rue, de même que les manches amovibles. La mode en est influencée puisque vous verrez très peu de jambes nues, toutes recouvertes qu’elles sont de robes, jupes, pantalons, collants ou chaussettes (même par 30°). J’espère vraiment que depuis le temps elles sont habituées à la chaleur…

Ce qui est drôle c’est que même sans parler japonais vous arriverez toujours à vous en sortir dans les restaurants. Cartes illustrées certes mais surtout représentation en plastique de plats en devanture, criants de vérité, vous permettant de choisir avec exactitude ce que vous désirez.

Les japonais font du bruit en mangeant, et contrairement à ce qu’on nous inculque dès tout petit, là bas c’est un signe d’appréciation de la nourriture. Un peu surprenant au début !

Au niveau de la nourriture il est rare de trouver sans viande ni poisson dans les restaurants, d’autant plus que les fruits et légumes sont extrêmement chers.

La nourriture japonaise est délicieuse, je me suis fait plaisir avec les sushis, les ramen, les gyozas, le porc pané, le bœuf de Kobe, et j’ai même fini par apprécier la soupe miso.


Ramen et Gyozas, Matsumoto

N’étant pas dans la culture du pays de manger dans la rue (c’est même assez mal vu), vous trouverez peu de poubelles publiques et ça peut arriver de rester toute la journée avec vos déchets (je vous conseille d’avoir toujours un sac plastique avec vous, ou mieux, une pochette en tissu lavable, pour garder vos déchets et les jeter quand vous trouvez une poubelle, Ô joie). Je ne sais pas si c’est la raison principale ou si, comme en Corée, les habitants payent leur poubelle au poids.

En revanche il est très facile de trouver de l’eau potable et des toilettes, que ce soit dans les villes, les villages, ou même au milieu de la nature.

Assez surprenant, il y a des distributeurs de boisson à tous les coins de rue, et pas mal de distributeurs de cigarettes.

Le Japon est le pays du plastique, tout est emballé et sur-emballé, et il vaut mieux apprendre à dire « pas de sac s’il vous plaît » assez vite, sous peine de les collectionner.

De mon point de vue la circulation est assez tranquille au vu du nombre d’habitants. Comparé à Paris où c’est impraticable en voiture, Tokyo s’en sors bien. Le réseau de transport en commun est aussi bien géré, le métro bien expliqué avec les noms écrits en japonais et en anglais, tout comme le bus et le train.

Le Japon est un pays très sécuritaire, surtout pour une jeune femme seule. Pas un seul moment je ne me suis sentie en danger, et très rarement mal à l’aise, ce qui est fortement appréciable quand on est habituée à être aux aguets en mettant un pied dehors (les femmes me comprendront). Beaucoup de services sont réservés aux femmes : wagon entier de métro, dortoirs dans les auberges…

Pays avec un taux de déviance très bas, vous verrez souvent les vélos sans cadenas dans la rue ou dans les cours des maisons, et ils seront toujours là le lendemain.

Les habitants aident et renseignent volontiers, sont polis et respectueux, c’est fascinant. L’ordre règne (un peu trop ?), notamment dans les transports en commun où tout le monde attend en file indienne, que ce soit le bus, le train, le métro ou même les escalators (créant parfois de longues files d’attente).

J’ai vu très peu de sans abris dans les rues japonaises, et jamais de personnes faisant la manche.

Le Japon comme premier pays toute seule est un excellent choix, mais attention aux économies qui partent vite ! Les gens sont adorables, la nourriture délicieuse, les paysages superbes… Je vais vraiment essayer d’y retourner, notamment pour visiter la partie nord.


Retrouvez ici une sélection de photos de mon séjour au Japon, qui sont d’ailleurs disponibles à l’achat. La suite de mon voyage se passe en Corée du Sud, bonne lecture !

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