L’Indonésie, la nature payante. Partie 1 : Sumatra
L’Indonésie, la nature payante. Partie 1 : Sumatra

L’Indonésie, la nature payante. Partie 1 : Sumatra

  • Septembre 2018

Le 19 août je pars de Kuala Lumpur et rejoins l’aéroport en bus. La douane est longue, le départ se fait avec trois quart d’heures de retard.

J’atterris à Padang, au sud de l’île de Sumatra. Le problème c’est que je n’ai pas de billet de sortie de territoire pour le mois qui suit et le visa gratuit n’est que de 30 jours. J’ai beau essayer de négocier, leur montrer sur mon passeport que j’ai respecté les délais dans les autres pays, leur expliquer que je ne sais pas exactement d’où je partirai dans un mois, ils ne veulent pas me laisser passer.

Le but était de sortir de l’Indonésie 30 jours plus tard et d’y revenir quelques jours après, pour de nouveau profiter d’un visa gratuit. C’est au petit bonheur la chance, j’ai croisé des voyageurs quelques jours plus tard qui ont réussi à passer la douane sans problème. Pas de bol pour moi. Je finis donc par payer le visa touristique qui est renouvelable une fois (33€ à l’aéroport puis une vingtaine d’euros le mois prochain au bureau d’immigration).

Je sors enfin de la douane et je rejoins Nissa, une jeune fille qui m’hébergera chez sa famille pendant une semaine via Couchsurfing. Le soir on se balade un peu sur la plage, on mange et on bois du jus de coco, puis elle me présente à sa famille. Elle est la seule à parler anglais.

Leur maison est traditionnelle, quelques trous dans le plafond, un seul étage. La salle de bain me laisse un peu perplexe au début, je dois regarder sur internet pour être sûre. Il y a une grande bassine d’eau qui se remplit grâce au robinet au dessus. Dans cette bassine quelques espèces de casseroles en plastique, qui servent en fait à s’asperger pour se laver. L’eau s’écoule plus loin par un trou dans le sol. Il en va de même avec les toilettes (similaires aux toilettes turques), qui ne contiennent donc pas de papier toilette, mais vous feront de bonnes cuisses à force de faire des squats !

Nissa est à l’université le matin, l’après-midi un de ces cousins (Ryiand) nous rejoins et j’embarque à l’arrière de son scooter pour visiter une des collines de Padang. En chemin je vois une fille sur le scooter de devant jeter son gobelet en plastique sur le sol. En regardant je vois que les trottoirs sont jonchés de détritus. Ryiand me dit que c’est une mauvaise habitude indonésienne, tout le monde fait ça.

La visite de la colline est sympa bien que l’entrée soit payante, beaucoup de verdure et de singes, les maisons en bas sont multicolores, la vue est superbe sur la ville en dessous, bordée par la mer. Sur le chemin du retour on s’arrête pour manger du Saté : ce sont des brochettes de bœuf avec une sauce aux cacahuètes et de la pâte de riz (pas fan du riz, qui revient souvent sous cette forme en Indonésie).

Le soir je rencontre le chef de la communauté et sa femme, puisque je suis une étrangère dans le quartier, juste pour vérifier que je n’ai pas de mauvaises intentions. C’est assez intimidant mais ils sont gentils. Dans la rue au retour une dizaine d’enfants me suivent en me souriant et me font des signes avant de se cacher, encore plus intimidés que moi.


Un repas de base en Indonésie

Le lendemain un autre cousin de Nissa nous rejoins, avec une voiture, et nous décidons d’aller voir le lac Singkarak. Il nous faut bien trois heures pour y arriver, la circulation sur l’île de Sumatra est très lente à cause de l’état des routes. Les virages de montagne sont dangereux et je vois régulièrement des bénévoles sur la route faire la circulation pour éviter les accidents. Le lac est superbe avec les montagnes tout autour, je commence à me rendre compte que l’Indonésie fera parti de mes pays favoris. On prend des photos tous ensembles car je suis la première personne blanche qu’ils rencontrent ! Le retour prend encore plus de temps et nous n’avons pas pu voir la cascade proche de là puisqu’ici il fait nuit à 18h30.

Le 22 août c’est l’Aïd El Kebir, un peu l’équivalent musulman de notre Noël : personne ne travaille, les communautés sacrifient des vaches et des chèvres, la viande étant partagée équitablement entre tous. L’Indonésie est le pays le plus musulman du monde avec plus de 87 % de ses habitants pratiquant l’Islam. Nous allons chez la grand-mère de Nissa, je rencontre les oncles, tantes, cousins, cousines… Ils veulent tous prendre une photo avec moi c’est un peu intimidant! Je goûte le Randan (du bœuf mariné), une spécialité de la région et un délice. On rentre et avec Nissa on passe dans une clinique vétérinaire pour récupérer un chat qu’elle a trouvé dans la rue, blessé, et pour lequel elle a récolté de l’argent sur internet pour le soigner.

Le jour d’après je ne fais pas grand-chose, j’en profite pour me reposer, ce qui n’arrive pas souvent. Avec Nissa on se balade sur le bord de mer (couverte de déchets) et mangeons un peu plus loin. Ses cousins nous rejoignent le temps de boire un jus.

Ryiand vient me chercher vers 22h, et 1h30 de scooter plus tard nous arrivons à la base du Mont Marapi, 2891 mètres d’altitude. Je paye les droits d’entrée du site (50 000 RP/ Rupiah = 3,10€) qui servent soit disant à conserver la nature. L’Indonésie est très corrompue, mais à Sumatra pas tant que ça. Par contre le prix passe au double voire triple dès que l’on est étranger.

Nous commençons la randonnée vers minuit (ma première randonnée de nuit !) et c’est plutôt sympa ! Ce silence tout autour, la nuit éclairée par nos lampes torches. On a failli se perdre à un moment mais dix minutes plus tard on a retrouvé le bon chemin. C’est assez facile, en tout cas pour moi, et je dois régulièrement attendre Ryiand qui se repose car il a des crampes aux mollets. On arrive au sommet beaucoup plus tôt que prévu, vers 4h30. Il pleut, il fait froid, il y a beaucoup de brouillard. On somnole sous les branches en buvant de l’eau chaude pour tenter de nous réchauffer.

Lorsque le soleil se lève on ne voit toujours rien à cause de la brume. On a vraiment froid et finalement vers 7h je ne tiens plus et on redescend. Le froid c’est ma Kryptonite, je ne tiens vraiment pas ! La descente nous réchauffe et évidement en bas il y a un beau soleil ! Tant pis pour moi. On mange un peu avant de repartir en scooter, mais je suis tellement fatiguée que je somnole sur la route. On s’arrête dans une station service le temps de faire une mini sieste au soleil puis on repart. La pluie se met à tomber en trombes et quand on arrive vers 13h je suis frigorifiée. Je prends une « douche » et l’eau froide me paraît presque tiède par rapport à la pluie que je viens de recevoir. Je mange et m’endors comme une souche juste après.

Nissa me réveille vers 18h pour aller manger avec une amie qui est revenue exprès en ville pour me rencontrer et parler anglais avec moi.


Bukittinggi

Le 25 août il est temps pour moi de quitter Nissa et sa famille, même s’ils voudraient que je reste plus longtemps. Sa maman aimait bien me préparer à manger ! On prend plein de photos ensemble, je leur fais un petit dessin de remerciement.

Je prends un « bus » pour Bukittinggi, Nissa a tout arrangé, c’est plutôt un van, on est une dizaine dedans et ça me coûte 70 000 RP (4,30€). 3 heures plus tard il me dépose devant mon auberge où je profite enfin d’une douche chaude et je vais visiter les rues. Je me fais dévisager et interpeller tous les cinq mètres, c’est assez pesant.

Il y a un magnifique point de vue sur le canyon dans cette ville et je m’assieds en haut de la tour le temps que le soleil se couche. Au moins en hauteur je suis tranquille car en dessous tout le monde me prenait en photo, souvent sans me demander mon avis. La vue est superbe et je tombe amoureuse de l’Indonésie. Un peu plus tard un guide, Rio, vient me parler et me propose de me faire visiter la région gratuitement. On va manger et à force de discussion je comprends qu’il veut qu’on se prenne une chambre pour tous les deux le lendemain. Je lui fais comprendre que ce n’est pas la peine et je m’en vais.

Le jour d’après je discute avec une allemande à l’auberge et j’embarque avec elle et deux guides pour visiter la région. Je découvre enfin la plus grosse fleur du monde : la Rafflesia. Elle est énorme, la couleur rouge ne reste que 3-4 jours et c’est difficile de la voir au bon moment, je suis donc ravie car je ne pensais pas arriver à découvrir cette plante au bon moment dans mon voyage. On marche dans la jungle, quelques sangsue s’accrochent à nous. On négocie le prix avec le guide qui essaie de nous arnaquer, on finit par payer 80 000 RP chacune (5€). Nous goûtons ensuite le café Luwak dont les grains sont récoltés dans les crottes des civettes asiatique. Ici ils les récoltent naturellement dans la jungle, mais dans les endroits touristiques comme Bali les civettes sont emprisonnées dans des petites cages et torturées pour les grains.

Le café est très bon, il est sensé avoir plein de propriétés limites magiques (pour la peau, les cheveux, les rides, les vergetures, la digestion…).


Café Luwak

Nous continuons la promenade en scooter, les paysages sont vraiment beaux, on profite d’une vue en haut d’une colline pour manger, personne autour de nous. Ensuite nous visitons un petit village où ils fabriquent des blocs de sucre de cannes (je repars avec deux) et des produits dérivés de cacahuètes. Nous continuons au lac Maninjau, extraordinaire. On se repose un peu et on repars pour admirer le coucher de soleil sur le lac plus haut dans les montagnes. Après être arrivés à l’auberge je m’achète un Martabak en ville : un énorme gâteau soufflé avec du lait concentré sucré, du chocolat et des cacahuètes ; c’est gras mais c’est bon.

Ricky, le guide de la veille, m’emmène sur son scooter pour visiter. Nous allons au palais du roi qui est superbe, représentatif de l’architecture de la région. Ensuite nous allons dans la vallée de Harau, un must see qui m’a coupé le souffle avec ses falaises (très bon endroit pour l’escalade d’ailleurs) et les rizières tout autour, agrémentées de palmiers. Il y a quelques cascades disséminées où l’on peut se baigner. La route est longue au retour, toute la journée sur le scooter ça fait mal aux fesses. Il me fait un bon prix pour la journée car il n’a pas prévenu son patron donc il ne doit pas lui verser de commission.


Vallée de Harau

Le lendemain j’y vais tranquillement, je me balade dans un marché couvert mais je me sens vite oppressée, seule blanche semi blonde du coin, les cheveux pas dissimulés sous un voile… Je suis vite mal à l’aise et je ne reste pas longtemps. Ali, un guide de l’auberge, m’emmène faire un tour sur sa Vespa (zéro confort à l’arrière) dans le village d’à côté où ils sont spécialisés dans le travail de l’argent. Je m’y achète un bracelet pour remplacer celui perdu en forêt il y a quelques jours. Je récupère ensuite mes affaires et prends un bus de nuit pour le lac Toba. C’est parti pour… 17 heures de bus ! J’y suis encore la seule occidentale et les regards sont pesants.

J’arrive à la ville côtière vers 9h et un homme au port propose de m’arranger le logement en attendant le bateau. Comme c’est le prix que j’avais décidé de mettre (80 000 RP par nuit) ça me va. Il s’occupe aussi de mes réservations de bus pour le départ du lac dans quelques jours, et de me trouver un chauffeur de scooter pour le lendemain. Il se fait quand même une petite marge dessus, j’arrive à faire baisser son prix mais seulement de moitié. Je reste à l’auberge Hot Chili où le patron est adorable, j’ai une chambre spacieuse pour moi toute seule, il cuisine bien, on y est très à l’aise, j’en profite pour me reposer après ma nuit semi blanche dans le bus.

Le 30 août je pars visiter l’île de Samosir (au milieu du lac) avec un guide qui ne parle pas anglais. Il y a beaucoup de musées et lieux de cultes, tout est payant ça commence à m’énerver. Je paie aussi pour nos deux repas à midi mais ça ne me coûte quasiment rien. La vue est à couper le souffle tout le long! C’est le plus grand lac volcanique du monde, entouré de collines verdoyantes. Il est impossible d’en voir le bout. On s’arrête aussi dans quelques villages où tout le monde me salue, je découvre les maisons traditionnelles, très jolies. À la fin il m’emmène dans un marché qui est trop touristique à mon goût, où tout le monde vend la même chose. Je m’installe dans un café en fin d’après-midi pour profiter du wifi, car il n’y en a pas à l’auberge où je reste.


Lac Toba

Le jour d’après je repars avec le même monsieur, j’assiste à un spectacle de danse traditionnelle, c’est fascinant. Je visite le reste des alentours puis je profite de mon après-midi pour faire réparer mon jean pour trois fois rien par la couturière en face de l’auberge, me reposer, trier mes photos, tenir à jour mon carnet de voyage…

Le 1er septembre je me lève tôt pour prendre le bateau et rejoindre mon chauffeur qui m’emmène, avec deux autres personnes, à Berastagi. En chemin on s’arrête à un magnifique et dernier point de vue sur le lac. Ici plein de passerelles et de créations artistiques ont été mises en place, spécial Instagram, il faut évidement payer pour y être prise en photo. Par contre on me propose de faire de la balançoire gratuitement au dessus du vide, c’est super cool ! Je ne sais pas si c’est parce que je suis blanche mais j’en profite à fond. Moi qui ai peur du vide je suis assurée avec un harnais donc tout va bien. Quelques photos souvenirs plus tard nous repartons pour voir la cascade de Sipiso-Piso, la plus haute d’Indonésie, impressionnante.

À Berastagi nous restons à l’auberge Talitha Guest House (100 000 RP la nuit en chambre individuelle = 6,20€) et nous visitons la ville, surtout son marché couvert rempli de fruits où j’en profite pour m’en acheter.


Brouillard et souffre au Mont Sibayak

Le lendemain nous nous levons à 3h30 pour que la gérante nous dépose au départ du trek pour le mont Sibayak. Le départ depuis la ville peut se faire à pied, il faut compter quelques heures je crois. Après avoir payé les droits d’entrée c’est parti pour la randonnée, assez simple pour moi, mais j’attends régulièrement les deux autres. Ils viennent de Malaisie et je m’entends très bien avec eux, ça me permet de ne pas être toute seule. Plus on monte plus nous croisons de tentes là où les autres randonneurs ont décidé de passer la nuit. L’odeur de souffre est de plus en plus présente aussi, odeur d’oeuf pourri.

Nous montons le plus haut possible sur une crête (2100 mètres d’altitude à peu près) et nous attendons que le soleil se lève et la brume avec. Beaucoup de gens se prennent en photo avec moi, au bout d’un moment je finis par me cacher derrière les rochers pour discuter avec mes deux compagnons de voyage, c’est ennuyeux d’être dévisagée comme ça. Nous attendons dans le froid puis les nuages se lèvent et nous découvrons le mont Sinabung en face. C’est vraiment beau. La vallée entre les deux est pleine de cratères et de panaches de souffre, l’aube donne une teinte dorée, les nuages s’éternisent à quelques endroits.

Après s’être baladé sur les autres crêtes nous redescendons vers 10h pour prendre un bus qui me dépose à l’auberge. Une douche et un repas de fruits plus tard mon « van-taxi » arrive pour me déposer à Ketambe. 6h de route plus tard – durant lesquelles j’ai le bonheur de découvrir le mal des transports avec les routes sinueuses de montagne, pleines de trous et de gravillons, la pollution des autres voitures, et la vitesse du chauffeur – il me dépose devant la seule auberge ouverte. La dernière chambre disponible abrite des souris, qui courent partout et grignotent mon sac en quête de nourriture. Je ne dors pas beaucoup.

Au matin je suis prête à partir pour un trek dans la jungle avec un guide et une autre voyageuse, Lise. Nous ne prenons que le minimum et je laisse le reste à l’auberge. Rapidement après la route nous rejoignons la jungle, où il fait chaud et humide, et très vite nous sommes couverts de sueur et attaqués par les moustiques. Enfin, après quelques heures de marche, nous voyons des Orangs-Outans. Deux adultes et un jeune suspendus dans les arbres, ils nous lancent quelques branches pour nous éloigner.

Plus loin nous voyons d’autres singes, des Thomas’s Leaf, qui bondissent d’arbre en arbre. Nous rejoignons le camp au milieu de la jungle à midi, pour manger. Le repas et l’hébergement sont compris dans le prix, compter 350 000 Rp/ jour (22€), beaucoup moins cher qu’à Bukit Lawang, qui est plus touristique. Nous prenons notre temps car les singes se cachent à midi. D’ailleurs les Orangs-Outans ne descendent pour boire qu’une fois par semaine par peur des prédateurs. Mais malheureusement l’après-midi nous n’en voyons pas d’autre.

Le soir nous nous baignons dans la rivière puis nous abritons sous la tente constituée de bâches et de branches. Le repas est étonnamment bon pour quelque chose cuisiné au milieu de la jungle! Nous profitons de la nuit assis sur un tapis à l’extérieur éclairés par des bougies, les guides nous montrent des tours de magie, nous discutons, ils nous font une petite démonstration de danse traditionnelle de la région : la danse des mille mains. La nuit je ne dors quasiment pas, j’ai trop froid.

Au réveil c’est pancakes de la jungle puis nous allons aux sources chaudes plus loin. C’est impressionnant, l’eau chauffée par les volcans sous la terre atteint parfois 80° et il faut faire attention où nous posons nos pieds (autant dire que je me suis brulé les pieds à un moment en me trompant de chemin). Nous pouvons nous baigner à certains endroit et on en profite bien. Un des guides nous fait des peintures de guerre à l’argile. Une heure plus tard, après m’être bien réchauffée et avoir mangé, je quitte Lise et les autres voyageurs croisés là pour rentrer à l’auberge avec un des guides. Nous croisons encore quelques singes sur le chemin. À l’auberge je négocie le prix de la chambre car c’était beaucoup trop élevé pour le confort et je n’ai pas assez d’argent : 50 000 au lieu de 200 000 Rp, ils se font quand même une bonne marge au quotidien. Je prends ensuite un bus de nuit, où je suis la seule femme.


Orang-Outan au milieu de la jungle

Encore 17 heures de bus plus tard, j’arrive à Banda Aceh au nord de Sumatra, où je prends un ferry pour l’île de Pulau We. Un chauffeur en scooter m’emmène dans une guest house, je galère à me faire comprendre pour avoir la moins chère. Je vais dans un café plus loin pour profiter du wifi gratuit que je n’avais pas depuis 4 jours, je suis épuisée, presque 5 nuits sans dormir.

Le lendemain matin le chauffeur de la veille m’emmène sur la plage d’Iboih, car là où j’étais il n’y avait rien. Je négocie une chambre à 100 000 Rp la nuit car je refuse de payer plus. Ils ont dû en avoir marre de moi car ils acceptent. Je fais ensuite le tour des centres de plongée pour en trouver un qui ne soit pas complet et je finis par aller chez PADI. Je rejoins un groupe de 3 personnes qui vont passer leur diplôme de plongée avec moi : deux allemands et un chilien.

Les jours suivants nous enchaînons la théorie et la pratique, les plongées, les restos, dont un buffet à volonté italien qui me rappelle la maison et qui me fait un bien fou après ces 4 mois de voyages. La plongée est géniale, les fonds marins sont magnifiques, des poissons multicolores partout, des murènes, des requins et des tortues. À la cinquième plongée nous sommes enfin plongeurs de premier niveau (jusqu’à 18 mètres). Ça m’a coûté 4 millions de Rp (250€), ce qui n’est pas tant que ça par rapport aux prix européens ou dans les endroits plus touristiques. On fête notre diplôme avec des bières et le soir je fais mon sac.

À peine 4 jours passés sur cette île paradisiaque, j’attends mon chauffeur le lendemain à 5h30 mais il ne vient pas. Je finis par demander à un gérant de guest house de m’appeler quelqu’un pour que je puisse rejoindre mon ferry, sous peine de le rater. J’expérimente le Tuk-Tuk à travers l’île, c’est plutôt sympa ! Après le slow ferry je me joins à deux voyageuses dans un taxi pour aller à l’aéroport et partager les frais. Mon avion a du retard et ma correspondance aussi, j’arrive vers 22h à Jakarta ou un chauffeur de taxi m’arnaque bien comme il faut (300 000 Rp jusqu’au centre, alors que ce devrait être moitié moins cher) mais j’étais fatiguée et la flemme de négocier. J’arrive à Raccoon Hostel, assez difficile à trouver, et je me fais accueillir par des gens charmants et du gâteau d’anniversaire en l’honneur d’un des employés.

C’est ainsi que débute mon séjour sur l’île de java, le 10 septembre, raconté dans mon prochain article.

Sumatra reste mon coup de coeur, l’île est superbe, les paysages magiques, les gens très gentils même s’ils sont un peu oppressants avec les étrangers, mais jamais méchants. Je suis parfois restée une semaine sans croiser d’occidentaux. Ils mangent souvent sans couvert et manger le riz avec les doigts demande une technique particulière qui les ferra bien rigoler en vous voyant ! Les trajets prennent un temps fou à cause de l’état des routes. Je n’ai pas pu tout voir évidement, je me suis consacrée à la partie nord, je pense qu’il m’aurait fallu un mois de plus pour voir le reste, notamment le volcan le plus haut d’Indonésie (le Kerinci) au sud de Padang mais rien que ça demande 4 jours. En tout cas ses vallées et volcans, lacs et cascades, rizières et jungles, valent définitivement le coup d’oeil!


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À la suite de mes voyages, je suis rentrée en France pour devenir photographe professionnelle, et je suis désormais photographe de mariage en Bretagne !

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